CRASH CD80

"Trailer park"

(11 titres / Sortie : 6/02/06)

Parfois, vous êtes chez un ami, qui vous dit : "Tiens, écoute ce disque, tu vas voir, c’est bath ! C’est un bon groupe rock français !". Non, n’ayez pas honte de le dire, il arrive que vous ayez envie lui de casser une jambe, à votre ami, tellement il vous en fait une, de belle jambe, avec son rock français. Mais une fois qu’il vous a infligé son disque de métal atmosphérique de Brie-Comte-Robert et celui de ska celtique de Lorient, et qu’il n’y a plus de jambe à lui casser, il sort le dernier album de Dead Pop Club et vous pouvez commencer à vous réconcilier avec lui.

Originaire du Val-de-Marne (quelque part entre l’Illinois et la Californie), Dead Pop Club est un groupe dont l’existence consiste, outre à s’apporter le bien qu’on imagine, à rehausser le taux de sincérité et de crédibilité du rock en nos contrées (et il y a du boulot). S’ils n’ont plus l’âge de passer leurs samedis après-midi chez H&M, ils traînent toujours avec eux d’indécrottables obsessions teenage, comme les comics de Robert Crumb, les albums des Ramones, les apparitions d’extra-terrestres et la consommation de bières entre copains. Après un premier maxi et deux albums remarquables ("Superpower" et "Autopilot Off"), Dead Pop Club revient aujourd’hui, toujours en anglais et en mélodies power-pop.

On vous rassure, ils ne sont allés masteriser leur disque ni à New-York chez Howie Weinberg, ni à Dallas chez Saul Johnson, qui d’ailleurs n’existe pas. Autre excellente nouvelle, il n’y a aucun featuring sur le disque, courtesy of personne, donc. Tout a été produit sous l’œil bienveillant mais professionnel de Fred Norguet, car on ne change pas une équipe qui gagne. Ce n’est pas parce qu’ils sont restés de grands enfants que les DPC n’ont pas pris le temps de peaufiner leur petit troisième, "Trailer Park" ; un disque qui montre que les années qui passent ne les ont pas assagis. On retrouve le mélange des influences (Samiam, Foo Fighters, Weezer…) qui a fini par donner au quatuor sa patte propre. Aussi punks que pop, ses titres n’ont jamais été aussi précis et le groupe n’a jamais sonné si urgent, si évident ("What are we getting out of this ?", "Stupid Kid", "Monroeville"...). La mélancolie est également de la fête si l’on peut dire, tant l’on jurerait entendre couler des larmes sur les guitares de "No More Heroes". Dernier rempart contre l’âge adulte, le rock de Dead Pop Club avance sans vraiment se soucier de son dessein, guidé par une foi indéfectible, une insouciance tenace résumée dans la fugacité de chansons qui vont de deux à quatre minutes.

À l’heure où s’achève cette bio, dernière info. envoyée par Olivier, chanteur-guitariste du groupe, à l’auteur de ces lignes : "il y a aussi un petit film de 26mn sur le CD, entre Blair Witch Project et Max Pécas". Aucun texto ne résumera jamais mieux l’univers de Dead Pop Club.


DPC5
envoyé par darwaf

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