CRASH CD41

"Aussi long sera le chemin"

(10 titres / Sortie : 14/05/02)

Depuis son premier album en 99, le quatuor parisien a englouti les kilomètres et écumé pratiquement toute l’Europe (Angleterre, Allemagne, Finlande, Estonie, Slovénie, Hongrie, Suisse, Belgique, Croatie, Pays-Bas, Rép. Tchèque, Slovaquie, Pologne...), au point de devenir l’un des groupes français les plus connus du circuit international squatts / DIY * / alternatif, mais en négligeant quelque peu l’Hexagone, où des structures radicales équivalentes demeurent l’exception.

Leur réputation s’est pourtant étendue par ici, comme celle d’un combo soudé et intègre, toujours partant pour soutenir les justes causes et prompt à retourner les scènes, avec une sincérité et une intensité rarement vues. Ce qui n’empêchait pas le plus grand nombre, faute de connaître leur musique, de l’imaginer comme du punk hardcore standard... d’où la stupeur de ceux qui ont pu découvrir en concert un mur du son beaucoup plus proche des Thugs (dont ils reprennent ”Birthday”), Ramones, Parabellum, Dead Boys ou Sheriff que du grindcore ou du crust ! ”Aussi long sera le chemin”, un digipack 10 titres (CRASH CD 41), enregistré au studio du Hurlement (ex-Grosse Rose, le studio bordelais créé par des membres de Noir Désir), fut l’occasion de remettre les pendules à l’heure. Noblesse oblige, son édition vinyl sortit parallèlement en Allemagne sur Skuld Releases, label anarcho-punk de renom (Oï Polloi, Fleas and Lice, Harum Scarum, Aus-Rotten, Sin Dios...), qui avait déjà distribué avec succès le premier opus. Dès la première écoute, on mesure les progrès accomplis entre les deux albums, en particulier dans la mise en place et les structures des titres, aux tempos plus heurtés et dynamiques. La production met en relief la puissance et la diversité des compos, qui restent dans une lignée punk-rock’n’roll pur sang, parfois proche du garage, mais frayent aussi avec le punk US des années 80 (superbe “Help Yourself”). Parmi les collaborations au disque, l’on n’est pas surpris de retrouver celle de vieux amis : à nouveau Spi (OTH), avec “Dansez les morts”, et Jean (Schlitz), en deuxième guitare sur cinq morceaux. La continuité avec le précédent disque est parfaitement assurée, le premier morceau “Le chemin” constituant un pont entre ces deux époques, et le nouvel instru., ”Odolnost”, apparaissant comme la suite logique de ”Widerstand” : gros son compact, belles parties de grattes, rythmique emballée, et toujours tant ces textes épiques que ce chant féminin enflammé qui font la différence de classe. L’écriture des chansons, aux accents de vécu, reste très sombre, mais l’ensemble résonne tel un message d’alerte et d’espoir, déterminé et combatif. Dans le capharnaüm libéral contemporain, des irréductibles bataillent contre le système... Aussi long sera le chemin. *NdA : ”Do It Yourself”, l’adage de base de l’autoproduction et des petits labels...

La Fraction - Le Temps qui Passe
envoyé par rycko35

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