CRASH CD45

(11 titres / Sortie : 3/06/03)
"Inna roots tradition", le premier album de JUNIOR CONY, brillante démonstration de reggae digital mâtiné de dub, a été immédiatement et unanimement applaudi. Ce n’est certes pas son coup d’essai puisque ce compositeur-programmateur talentueux aligne les instrus. pour des toasters, chanteurs ou rappers (Sergent Garcia, Bawawa Son, Daddy Yod, Dubble M.D....) et les participations à des compilations depuis le début des années 90, essayant sans cesse de nouvelles voix sur ses musiques.
Le voici pour cet album avec SHANTI. D et MISTER IRIE, ses collaborateurs réguliers depuis 1999, entre autres pour les deux 45 Trs sortis chez Malana Cream Rds / Verso Rds et la compilation ”Catalogue of Sporto Kantes”. Ces deux chanteurs sont également apparus sur l’album de Killa Carltoon et sur la compilation "Tibet Libre" avec "Faya", interprété en commun avec Sergent Garcia. Formés à l’école des sound-systems et fans du son reggae des années 70’s et 80’s (Sugar Minott, Barrington Levy, Pinchers...), ils s’étaient rencontrés une dizaine d’années auparavent et partageaient la même vision de la musique que Junior Cony (inventivité, exigence, ouverture d’esprit), tout en gardant une solide base roots.
Selon une formule bien jamaïcaine, "At the governement shop" alterne versions chantées, en solo ou en combiné selon les titres, lyrics différents sur un même riddim ("Vision" et "Now is the time" par ex.), extended versions et dubs, soit 13 titres sur 5 thèmes de base. Les musiques font à nouveau montre d’un parfait bon goût, avec des dubs particulièrement réussis, des expérimentations plus audacieuses comme "War", le tout servi par un mix puissant et dynamique, annonciateur de séismes sur les dancefloors. Rien que par les programmations, "At the governement shop" pose de manière éclatante sa différence et son unicité dans le petit monde du reggae hexagonal. Les voix creusent encore plus l’écart en direction de la Jamaïque : fluide et haut perchée pour Shanti D., avec plus de grain pour Mister Irie, tandis que les lignes de chant "à l’ancienne" sont d’une qualité et d’une authenticité rarement atteintes par ici. Encore une nouvelle preuve qu’il est toujours possible d’innover dans le respect de la tradition !