CRASH CD 24

(15 titres - Sortie : 15/05/00)
Ce quintet sévit sur la scène parisienne depuis 1996, enchaînant concerts de soutien et fiestas punk dans tous les endroits ou il est possible de brancher un ampli, tout en s’exportant à l’international, de Santiago du Chili au Pays Basque, en passant par l’Allemagne. Rejoints fin 98 par Raymonde (ex-R. & les Blancs-Becs), et attendus comme les messies de la scène skinhead radicale, antifasciste et antiraciste depuis leur premier split-EP paru l’année dernière en Allemagne chez Mad Butcher (l’un des labels de références dans le style), les brigadistes sont repartis à l’assaut et ont enregistré à l’aube de l’an 2000 (et en une semaine !) le disque de street-punk français le plus crédible depuis Camera Silens. Vu notre proximité affective et idéologique, l’idée de travailler ensemble s’est imposée d’évidence.
Ce CD 14 titres, pour brutal et direct qu’il soit, sait marier les genres. On passe de tempos quasi-hardcore à des passages plus mélodiques et mid-tempo, voire ska-rock, dub-punk (”Le futur” et ses réminiscences de Stiff Little Fingers), ou encore valse populo. Dans la veine de standards comme Angelic Upstarts, Peter & The Test Tubes Babies ou Les Cadavres, les guitares savent ”rentrer dans le lard” sans oublier les petites mélodies imparables (carrément pop sur certains ska). Le chant, très guttural, est supporté par des choeurs puissants et des refrains-boulets de canon typiquement Oi, particulièrement efficaces dans des hymnes comme ”R.A.S.H. (Red and Anarchist Skinheads)”, ”Héros et Martyrs” ou ”Continente Olvidado”. Le groupe pose définitivement sa différence avec ses textes, fréquemment poétiques (si, si...) et surtout sans aucune ambiguité. Sans virer pour autant à la propagande, ils reflètent la sensibilité politique de ses musiciens (anarcho-syndicaliste, communiste libertaire, anarchiste…) : enfin de la Oi fréquentable ! Engagement et musique sans concession, éthique rigoureuse, générosité et sens de la fête, la Brigada Flores Magon rentre de plein pied dans la légende du punk hexagonal.